Le Maine libre octobre 2016- rubrique talent du Maine

4 October 2016 11 h 42 min  /  Posté par k-del, Uncategorized

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Arrière-arrière-petite-fille de ferronnier, la jeune femme s’est spécialisée dans le mobilier intérieur et le mélange des matières.

PAGE 3 Photo « Le Maine Libre », Yvon Loué

  • Caroline Delareux forge son style
  • La jeune femme a repris la forge familiale en 2013 à Saint-Jean-de-la-Motte à l’âge de 34 ans. Elle se spécialise dans le mobilier d’intérieur, mariant le métal et le bois et veut maintenant créer sa ligne.
  • Le coup de masse sur l’enclume, énorme et patinée par des décennies de service, est précis. La force maîtrisée. Caroline Delareux frappe le morceau de métal rougeoyant tout juste de la forge qui chauffe à 1000-1200 °C.
  • La forge du XIXe siècle
  • Sous sa main, le fer forgé devient volute et torsade. Son corps svelte disparaît sous son tablier en cuir de vachette qui la protège. Sa longue chevelure blonde attachée en queue de cheval souligne ses grands yeux clairs. L’atelier situé derrière la maison de ses parents sur la place de l’Eglise de Saint-Jean-de-la-Motte est le sien depuis 2013. Le lieu, encombré, a une âme. Près de la forge qui date du XIXe siècle, sont pendus au mur fers à cheval, marteaux, masses et pinces. Ces outils témoignent de l’activité de l’arrière-arrière-grand-père de Caroline. Ferronnier déjà : c’est lui qui a ouvert l’atelier en 1882. « Il faisait essentiellement du cerclage pour les roues de charrettes et de la maréchalerie ». Un peu plus loin, des machines du père de la jeune femme : cintreuse, plieuse, tour à métal, poste à souder. Avec Caroline, c’est donc la cinquième génération de ferronniers qui occupe le lieu. « Quand mon père est parti à la retraite, j’ai souhaité reprendre l’activité. 34 ans, c’était le bon âge. J’avais la maturité pour cela ».
  • Formatrice et fleuriste
  • La jeune femme s’est spécialisée dans le mobilier d’intérieur tandis que son père réalisait de la ferronnerie d’extérieur. Elle fait des bibliothèques, buffets, lustres, tables, consoles, marquises… Sa marque de fabrique : « Le mélange des matières : le métal, forgé ou non, et le bois ». Son goût pour les motifs géométriques aussi. Son travail s’inspire de la marqueterie. « J’aimerais créer ma ligne de mobilier d’intérieur afin de proposer un ensemble cohérent ». La jeune femme n’est pas venue immédiatement à la ferronnerie et à l’artisanat d’art. Après avoir passé un BTS commerce international, elle a été responsable de formation dans un centre d’appels au Mans. Au bout de 6 ans, la jeune femme a senti qu’elle avait fait le tour. « J’ai décidé de devenir fleuriste. J’avais envie de créer. Ce métier a finalement été un tremplin pour trouver ma voie ». Après un CAP de fleuriste, elle passe un CAP d’ébénisterie poussée par « l’envie de créer du mobilier bois-métal. Nous avons travaillé ensemble avec mon père dans un premier temps quand j’ai repris l’atelier. Il m’a tout appris ». Ainsi est né k-del.
  • « Je tente des trucs »
  • Elle s’est approprié le lieu et a forgé son style, se moquant bien des tendances. « Je tente des trucs », explique-t-elle. Certes l’atelier devra subir quelques aménagements afin de s’adapter à ses projets mais elle « s’y sent bien » confie la jeune femme, d’un caractère discret voire « sauvage ». « Je n’ai jamais eu à courir après le travail », reconnaît-elle. Son carnet de commandes est plein jusqu’à février 2017… Caroline n’a pas fini de forger.
  • Isabelle JULIEN Isabelle.julien@maine-libre.com

« Elle a développé un côté artistique »

Guy Delareux en convient : quand sa fille lui a annoncé qu’elle souhaitait reprendre la ferronnerie, il n’était « pas chaud. Je n’étais pas rassuré. C’est un métier physique. Je n’imaginais pas ce métier pour une fille ». La fille a toutefois su convaincre le père et le père a appris la ferronnerie à sa fille. « En fait, elle m’a étonné même si nous n’avons pas toujours été d’accord sur les manières de travailler. Elle a progressé très vite. Elle a développé un côté artistique que je n’avais pas. Elle se débrouille. Je lui donne de moins en moins de conseils ». Quand on lui demande les qualités professionnelles de sa fille, Guy répond : « Elle a beaucoup d’idées ». Et son défaut ? « Parfois, elle voudrait avoir fini avant de commencer. Quand elle fait un travail, elle se projette déjà sur autre chose ». Finalement un défaut qui devient une qualité quand on est dans la création…

Sarthe – Bio express

3 février 1979 : naissance au Mans.

1998 : BTS commerce international, préparé au lycée Saint-Croix au Mans.

2000 – 2006 : responsable de formation chez B2s, centre d’appels.

2006 – 2011 : fleuriste, passe son CAP.

2012 : passe un CAP ébénisterie au lycée Colbert-de-Torcy (aujourd’hui lycée Raphaël-Élisé) à Sablé-sur-Sarthe.

2013 : reprend l’atelier de son père à Saint-Jean-de-la-Motte.

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